Carie dentaire
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Carie dentaire
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Une dent détruite par une carie dentaire.
CIM-10 K02
CIM-9 521.0
DiseasesDB 29357
MedlinePlus 001055
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La carie dentaire, ou juste carie, maladie infectieuse de la dent, est une lésion de l’émail, de la dentine, et/ou du cément.

 

Historique

La carie est une maladie courante chez l’être humain, mais pour la plupart des autres mammifères, la carie témoigne d’une santé générale dégradée et de carences alimentaires.

Chez l’Homme, elle serait apparue au cours de l’époque néolithique : à la suite de la sédentarisation associée à la domestication des céréales, le changement de régime alimentaire dû à la consommation des farines aurait permis son apparition. Les dents humaines datant de cette période mais appartenant à des populations vivant encore de la chasse et de la cueillette (y compris de baies sucrées) ne sont pas atteintes par des caries1.

Au XVIIe siècle, le chirurgien Antoine Lambert décrit la carie comme une conséquence de la corruption de l’os par fracture, contusion et perte d’humidité, ou par la formation d’un phlegmon ou d’un abcès dans la substance interne de l’os2.

Depuis le milieu du XXe siècle, et encore largement de nos jours, la carie est considérée selon la « représentation de Miller », principalement caractérisée par :

maladie infectieuse à germe spécifique transmissible (pour laquelle un vaccin est donc envisageable). Les bactéries Lactobacillus acidophilus et Streptococcus mutans étaient désignées responsables de la formation de la carie ;
principale substance cariogène : le sucre ;
le fluor est l’outil central de prévention et de traitement.

Des études récentes remettent en cause cette représentation : le sucre, le fluor n’ont plus les rôles centraux qu’on leur accordait ; le régime alimentaire, la santé générale, le patrimoine génétique et les facteurs sociaux sont des déterminants importants3. Les pratiques d’hygiène buccale et les politiques associées sont à revoir en profondeur4. La carie devient une affection chronique multifactorielle d’origine endogène, non transmissible.

Ces études sont néanmoins à prendre avec précautions, certaines d’entre elles pouvant être soupçonnées de partialité due à leur lien (en particulier financier) avec l’industrie sucrière5, d’autres études récentes consolidant bel et bien le lien entre consommation de sucre et apparition de troubles de la santé, en particulier dentaire6.
Facteurs étiologiques

La formation de la carie est avant tout due à de multiples facteurs endogènes :

« Elle résulte d’un déséquilibre dans la flore bactérienne du biofilm présent à la surface de la dent à la suite d’un changement brutal de l’environnement local »

— Laurence Brousseau et Camille LeGoff, Les déterminants de la carie7.

Les facteurs déterminant l’équilibre (et le déséquilibre) du biofilm sont :

les bactéries elles-mêmes. Toute bouche possède une flore bactérienne. Celle-ci peut comporter plusieurs centaines d’espèces, variables d’un individu à l’autre ;
le régime et la fréquence d’absorption des intrants : régime alimentaire, alcool, cigarette, médicaments…
le système salivaire de l’hôte ;
le système immunitaire de l’hôte.

Les importances relatives et les interactions entre tous ces facteurs ne sont pas encore entièrement comprises.

La formation de la carie débute lorsqu’un déséquilibre dans le biofilm permet à certaines bactéries de se reproduire plus vite. Une fois que la proportion de ces populations a atteint un seuil critique la maladie peut se développer8. Les bactéries impliquées dans le phénomène sont présentes dans le biofilm à l’état sain. Elles participent à son équilibre et ne sont pas des agents pathogènes à détruire préventivement, d’où l’abandon de l’idée d’un vaccin.

Certains des facteurs pouvant rendre le biofilm propice à la formation de caries semblent être identifiés :

génétiques9 ;
la prise de tabac, l’alcool ;
la prise de certains médicaments, par exemple ceux entraînant une diminution de la sécrétion salivaire ;
certains changements d’habitudes alimentaires ;
le stress : de nombreuses études ont mis en évidence un lien direct entre le stress et le taux de caries10 ;
les facteurs sociaux-économique et psychosociaux de l’hôte11.

L’évidence du sucre comme cause de la carie a commencé à être remise en question dans les années 1990. Les études indiquent que le sucre ne doit plus être considéré comme le seul responsable de la carie : la relation sucre/carie est plus faible aujourd’hui, et réduire la consommation de sucre n’est plus nécessaire12,13,14.

« Plus que la quantité, ce sont la fréquence et la durée des prises [d’un aliment] qui importent »

— Laurence Brousseau et Camille LeGoff, Les déterminants de la carie15
Symptômes
caries à un stade avancé (sur 2e molaires sup. et inf.)

Les premiers signes peuvent apparaître une fois que la carie a atteint la dentine. Mais parfois la douleur ne survient que très tardivement, ou même jamais. C’est pourquoi il est vivement conseillé de ne pas attendre d’avoir mal pour consulter un dentiste.

Douleurs au froid et au sucré signalent le plus souvent une carie active ou une dénudation du collet dentaire, qu’il est urgent de faire traiter.
Douleurs au chaud ou à la pression signalent généralement une reprise de carie sous une obturation qui a évolué discrètement et a provoqué la nécrose de la dent concernée.
Dommages visibles : initialement tache blanche (pas toujours très visible). Une tache marron (plus ou moins foncée) signale une carie ancienne, reminéralisée, qui n’est plus active.

Lorsqu’on remarque un trou dans la dent, la carie est déjà avancée ; la dent risque de devoir être dévitalisée.
Prévalence
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En France, 30  % des enfants de moins de 12 ans présentent au moins une carie à soigner, 50  % chez les 12-15 ans, 40  % chez les adultes et 37  % des personnes âgées sont également touchées16.

Il en ressort que généralement, ce sont les enfants qui sont les plus touchés par la carie, surtout les enfants aux bas âges. On parlera dans ce cas de la carie de la petite enfance17.
Évolution et pronostic

Un changement majeur dans l’environnement local de la dent peut favoriser le développement de bactéries présentes à l’état sain de la dent. Quand la population de ces bactéries atteint un seuil critique, la carie peut apparaître. Plusieurs espèces de bactéries participent ensuite dans l’évolution de la carie18.

Le fluor par voie topique (appliqué directement) peut ralentir ou stopper la progression de la carie. Mais une carie non superficielle ne pourra jamais guérir seule, il faut la faire traiter par un dentiste.

En l’absence de soins ou de traitements adaptés, la maladie carieuse évolue vers la pulpite puis la nécrose de la pulpe (le nerf), à la suite de la colonisation de la pulpe par les micro-organismes pathogènes. Cette nécrose est généralement très douloureuse, et peut diffuser par voie endodontique et se compliquer par une infection s’étendant à l’os.
Cette infection peut être chronique : granulome péri-apical chronique ou kyste (ou desmodontite apicale chronique). L’infection évolue alors souvent à bas bruit pendant plusieurs mois voire plusieurs années, et n’est parfois détectée que par un contrôle radiographique de routine. Cette infection peut aussi être aiguë : abcès péri-apical aigu (ou desmodontite apicale aiguë). Voir : Endodontie.

Si un traitement n’est toujours pas entrepris, l’infection continue à se propager. Les ostéites et cellulites peuvent préluder à un envahissement bactérien général par voie sanguine : c’est la septicémie.

Les dentistes utilisent désormais un détecteur de densité pour mesurer l’ampleur d’une déminéralisation de la dent, cela permet d’éviter une irradiation pour effectuer une radiographie.